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Écrire à l'instant présent: le Haïku


Pour démarrer ce nouveau cycle de vie, je vous invite à me rejoindre pour découvrir un nouvel exercice d’écriture.


« L'écriture est un fil de vie qui respire et bouge au fur et à mesure des évènements de la vie : les ruptures et les deuils ne sont que des passages uniques qui servent à changer de dimension, approchant des petites morts, ou des morts véritables. »


Afin de conjuguer écriture et pleine conscience, je vous propose une nouvelle routine: devenir des collecteurs d’instants de vie en écrivant des Haïkus.


Un petit calepin que vous pourrez emporter partout avec vous, un stylo, un feutre, un crayon, c'est vous qui décidez.


Comme le moment du café, celui du yoga, ou la méditation quotidienne, votre collecte d'instant de vie pourra s’inscrire à l'heure que vous souhaitez dans le déroulement de votre journée. (ou plusieurs fois dans la journée)







Qu'est ce que le Haïku?


Le haïku est une forme japonaise de poésie permettant de noter les émotions, le moment qui passe et qui émerveille ou qui étonne.


C'est une forme très concise, dix-sept syllabes en trois vers (5-7-5). Mais l'essentiel est de respecter le format: court, long, court.


Le Haïku est seulement une expérience vécue, une photographie du monde sans jugement. Il est simple et précis. Vos yeux pour voir, vos oreilles pour entendre, votre nez pour sentir, votre bouche pour gouter, votre corps pour sentir et ressentir et votre coeur dans son premier mouvement : émerveillement, joie, bonheur, tristesse, colère, gratitude, rire, humour, apaisement… et votre main pour le décrire.



Issa, un grand maître du haïku, écrit :


Nous sommes vivants

simplement moi et 

le coquelicot


Comment s'y prendre?


L'exercice consiste à "Être attentif à ce qui est, le vivre pleinement et le conserver en trois phrases."


Je vous propose de prendre un petit carnet, d’observer ce qui vous entoure et de laisser votre main écrire trois petites phrases courtes.

Ne cherchez pas à faire bien. Ne vous jugez pas. N’écrivez pas pour les autres.


Ecrivez simplement.


Remplissez votre petit carnet, sans vous souciez de quoi que ce soit, si ce n’est de respecter l’essence du haïku : pas de bla-bla, ne cherchez pas à expliquer, ne cherchez pas à faire beau, à émettre un jugement, à énoncer une idée, ni à faire une métaphore, ou encore moins à généraliser… non. Rien de tout cela.


Le poète Sôseki a expliqué le mécanisme thérapeutique de l’écriture de Haïku:


« Supposons que l’on soit en colère : la colère prend aussitôt la forme de dix-sept syllabes. Sa transmutation en dix-sept syllabes en fait la colère d’un autre. Une même personne ne peut en même temps se mettre en colère et composer un haïku. On verse des larmes. On métamorphose ces larmes en dix-sept syllabes. On en ressent un bonheur immédiat. Une fois réduites en dix-sept syllabes, les larmes de douleur vous ont déjà quitté et l’on se réjouit de savoir qu’on a été capable de pleurer. »


L’exercice d'écriture en ce cas, serait de laisser choisir parmi ce qui vient, ce qui se balade dans votre tête ceux qui décriront le mieux l'émotion dans l'ici et maintenant. Vous pouvez laisser la rage, la colère, l'impuissance vivre son rythme et déformer, laisser déformer vos mots et vos lettres. Pour changer les règles vous pouvez prendre un gros feutre noir et écrire très gros si vous en avez besoin.


Changer de papier : papier craft, carton, etc. Écrire aussi avec la main gauche et laisser aller ce qui vient, même si c'est incohérent. Nous pouvons ainsi marier le sens des mots et le dessin des lettres en s'accordant le droit de ne plus faire comme d'habitude, de faire autre chose, car la situation de rupture est une autre chose qui arrive dans notre vie.


Qu'est ce qui se passe chez nous quand on écrit?


L’écriture permet donc de se connecter avec nos émotions, nos mémoires enfouies, nos croyances limitantes… C’est l’inconscient qui descend le long du bras pour être transposé sur le papier. C’est pour cette raison que la pratique perd en efficacité quand on le fait sur ordinateur ou téléphone. Rien ne vaut un carnet et un stylo !

J’ai choisi de travailler les Haïkus car leur construction rythmique selon les neurosciences se base sur le rythme de notre respiration, et sa rédaction fait appel à la fois à la moitié droite et à la moitié gauche de notre cerveau – ce qui est très calmant. De la même façon que la méditation pleine conscience, il permet d’accroître notre niveau d’attention et s’avère souvent un moyen thérapeutique efficace pour les gens dépressifs, anxieux, insomniaques ou encore hyperactifs.

 

« Je suis tellement énervé

que je pourrais mordre

Le sommet des montagnes »

Jack Kerouac

 


Tel que nous le décrit Pascale Senk, l’art du haïku condense cette idée « minimaliste » salutaire – à l’opposé de celle de croissance infinie dont on voit bien aujourd’hui les limites - que « Dans le peu, on trouve parfois l’abondance, dans le petit, l’immense ; dans le bref, l’éternel ».


« La porte a claqué

où donc a-t-il pu partir ?

le vide tombe sur moi »

Pascale Senk





Telle une douce thérapie, l’écriture soulage, cicatrise et guérit.

Jah olela Wembo

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